Quel avenir pour la Méditerranée? – EURACTIV.com

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La région euro-méditerranéenne doit construire sa propre stratégie de développement en réponse à la crise des coronavirus, écrit Nasser Kamel.

Nasser Kamel est le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée

Il ne fait plus aucun doute, COVID-19 nous a propulsés dans une nouvelle ère. Nous devons nous demander comment la région méditerranéenne et le monde peuvent s’unir pour sortir de la crise mondiale plus forts et plus résilients. L’épidémie de COVID-19 est certainement l’une des plus grandes crises auxquelles nous sommes confrontés depuis plus d’un siècle et sert de rappel brutal et sans compromis de la nécessité d’une coopération tangible à travers les frontières, entre les secteurs et entre les citoyens et leurs représentants.

Même nivelée à travers le monde, l’OCDE estime que pour chaque mois de confinement, il y aura une perte de 2% de la croissance annuelle du PIB et l’impact économique à lui seul devrait maintenant être pire que la récession de 2008. Cette réalité, valable à l’échelle mondiale, est néanmoins plus urgente pour la région méditerranéenne, où les conditions de fragilité et d’exposition sont encore plus concentrées. Tout comme les effets dominos des maladies transmissibles, les difficultés économiques et les impacts du changement climatique ne connaissent pas de frontières. En effet, le multiplicateur de menace pour la santé et la richesse représenté par le changement climatique est particulièrement intense sur le bassin méditerranéen, où le réchauffement progresse 20% plus vite que la moyenne mondiale.

Mais les défis de cette complexité – pandémies mondiales, changement climatique et exposition économique qui en résulte – ne peuvent pas être relevés un par un et ils ne peuvent pas être relevés seuls.

Nous ne devons pas non plus le vouloir. Il existe des liens clairs entre tous, à commencer par la façon dont ils aggravent les inégalités existantes en affectant les groupes et les économies vulnérables de manière inégale et à un effet dévastateur. Les communautés incapables de s’auto-isoler en raison d’un mauvais logement feront augmenter les taux d’infection. La pression exercée sur les systèmes de santé publique sapera des ressources de l’économie qui pourraient autrement être investies dans l’atténuation du changement climatique. Et donc, l’histoire continue et c’est pourquoi la résilience doit être construite par un plus grand engagement envers des approches holistiques qui protègent et stimulent la reprise environnementale, sociale et économique à la fois. Il faut aussi reconnaître que notre réponse collective lors de la résolution des problèmes mondiaux déterminera la vitesse à laquelle nous nous relancerons et la façon dont nous gèrerons ces défis pressants.

Pour y parvenir, la région euro-méditerranéenne doit construire une stratégie de développement basée sur la promotion des économies locales, régionales et circulaires qui peuvent être exploitées comme moteurs d’une croissance soutenue et pourtant durable, équitablement répartie tout en stimulant la concurrence, et qui a à cœur l’égalité des sexes et les jeunes. À mesure que nous nous redressons, nous devons saisir l’occasion de créer de nouvelles sociétés inclusives qui garantissent que les jeunes et les femmes peuvent réaliser leur potentiel en tant qu’agents du changement et contributeurs à l’économie de la région dans son ensemble.

De nouveaux concepts, de nouveaux modèles commerciaux, y compris une volonté de créer une chaîne d’approvisionnement régionale et de nouvelles stratégies publiques pour aider à réaliser le changement nécessaire de paradigme, existent déjà et n’ont pas besoin d’être réinventés. Pourtant, ces avantages reposent tous sur une coopération et une connectivité accrues, qui sont les conditions préalables au changement nécessaire. Bien qu’aujourd’hui, seulement 57% des citoyens de l’UE déclarent avoir des compétences numériques de base, alors qu’un peu plus de 50% des ménages de la région MENA ont accès à Internet, les prévisions prévoyaient déjà que la transformation numérique enregistrerait une croissance à deux chiffres. COVID-19 a poussé la nécessité de la numérisation de l’économie et des services encore plus haut dans l’agenda euro-méditerranéen. Au cours des dernières semaines, ce sont ces technologies qui ont apporté l’espoir d’un avenir meilleur avec des «cerveaux mondiaux» capables d’unir leurs forces entre différents pays pour collaborer sur des idées.

Et ces idées ont été entendues. Ce n’est que par ces valeurs communes d’égalité, de coopération et de dialogue combinées que nous pourrons surmonter les défis complexes auxquels nous sommes confrontés. Des actions concertées et intégrées qui s’attaquent aux problèmes fondamentaux des crises et avec une compréhension globale de leur complexité, telle est la vision que l’Union pour la Méditerranée propose, pour relever les défis sociaux, environnementaux et économiques que nous partageons tous dans cet espace commun au le point de rencontre de trois continents.

C’est le message que je veux transmettre, un message d’espoir et de confiance pour tous nos citoyens.

La voie vers un avenir meilleur nous appartient à tous, et nous sommes déterminés à être audacieux dans nos engagements à offrir un avenir meilleur aux générations à venir.

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