Université de Lomé : le calvaire des étudiants

Publié le 16/05/2017 à 11:09

Depuis quelques années, les mouvements d’humeur des étudiants se multiplient sur le campus universitaire de Lomé. Au centre des revendications des étudiants togolais, leurs conditions de vie et de travail qui n’ont rien n’avoir disent-ils, avec une vie estudiantine. Plein feu sur le quotidien des étudiants de l’université de Lomé.

Etudier à l’université de Lomé est un vrai parcours de combattant. Les étudiants sont unanimes, tout va mal à l’antre du savoir national. Mais ce qui préoccupe le plus, ces futurs cadres du Togo, c’est leur bien-être.

Des conditions de vie déplorables…

Pour mesurer ce que vivent les étudiants, il suffit de rendre visite à certains d’entre eux dans leur logement universitaire communément appelé cité. En effet, l’université de Lomé possède des logements sociaux pour héberger des étudiants venant des contrées lointaines qui ne peuvent pas rentrer tous les soirs chez eux. L’idée étant que ces étudiants devraient se consacrer tranquillement à leurs études en louant un logement dans les enceintes de l’université. Une bonne chose en principe. Le problème : ces logements vétustes ne répondent plus aux attentes des étudiants.

Construits depuis quelques années déjà, les bâtiments sont complètement délabrés et l’entretien qui est laissé à la charge des étudiants est mal fait. Georges, 20 ans, est étudiant en premier semestre de droit. Il partage un studio d’environ 4 m sur 3 avec l’un de ses amis du Lycée, Thomas, 19 ans, lui aussi étudiant en droit. Dans le studio, les lits sont disposés côte à côte. Sur un vieux pagne étalé au sol, trainent des restes de nourriture. Il est 15 heures ce jour-là. Dans la petite chambre, il fait très chaud. « La chaleur, c’est le dernier de nos soucis ici. Ce que l’on redoute plutôt, ce sont les insectes. C’est pourquoi certains de nos camarades tombent souvent malade.  La plupart des cas, c’est le paludisme », explique Georges.

L’autre souci des étudiants c’est le sanitaire. Pour se laver ou faire ses besoins dans les toilettes de la cité, il faut avoir les nerfs solides. Les toilettes sont insalubres et aucune règle d’hygiène élémentaire n’existe.  La couleur des carreaux est difficilement identifiable parce que couverts de saletés.  Dans les WC, les papiers hygiéniques débordent des poubelles et jonchent le sol.  Ce qui laisse des odeurs nauséabondes dès que l’on s’approche. « C’est dans ces locaux sales qu’on prend notre toilette avant d’arriver dans les amphis. S’ils sont sales c’est parce qu’il y a aucun contrôle ici. Il y a plusieurs étudiants pour une toilette. C’est horrible ! quelques fois nous sommes obligés d’aller faire nos besoins dans la brousse », ajoute pour sa part Thomas.

D’un autre côté, les étudiants sont exposés à certains dangers, pourtant, évitables. L’un d’eux est l’incendie. En effet, les fils électriques sont très mal entretenus dans les cités. Certaines ampoules sont même sur le point de tomber alors qu’elles sont justes placées au-dessus des lits. Dans le couloir de la cité ‘’D’’ par exemple, on peut lire sur un mur ‘’danger’’ inscrit sur un boitier de courant électrique, qui a déjà explosé une fois.

Le calvaire des bus

Aujourd’hui prendre un bus universitaire est devenu un privilège.  Tout simplement parce qu’il n’y a que peu de bus pour des milliers d’étudiants. Difficile de donner le nombre exact des bus car ils tombent souvent en panne. Pour en prendre, « nous devons quitter les cours avant les professeurs. Le matin, on se réveille à 4 heures pour attendre le bus. Même comme ça, nous sommes entassés comme des sardines. C’est très dangereux car les bus n’arrivent plus à rouler correctement. C’est insupportable », s’indigne, Angèle, 22 ans, étudiante en sociologie, semestre III.

Les manifestations… mais rien ne change

Pour ce faire entendre, les étudiants crient leur mécontentement à travers des manifestations organisées par les regroupements estudiantins. Notamment le Mouvement pour l’épanouissement de l’étudiant togolais (Meet). Ce mouvement a initié plusieurs manifestations en 2016 mais les conditions n’ont pas pour autant changé.

On assiste plutôt à des échauffourées entre les forces de l’ordre et les étudiants. Ce qui entraine des courses poursuites entre policiers et étudiants. Avec des gaz lacrymogènes qui sont lancés en guise de réponse aux revendications légitimes de ces étudiants. « Nous devons avoir gain de cause, car trop c’est trop. Nos revendications sont claires et il va falloir nous satisfaire au lieu de vouloir comme toujours réprimer », lance l’un des pionniers du mouvement.

Augustin Koffi, Correspondant à Lomé

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