Sexualité : Kunyaza ou le kamasutra rwandais

Publié le 18/03/2017 à 18:00

Au Rwanda, l’on accorde une place particulière au plaisir féminin dans l’acte sexuel. Cela est même soutenu par une pratique ancestrale. Selon la légende, un jour, un jeune homme dont la main tremblait à l’entrée du sexe de sa femme, lors de son premier rapport sexuel, provoqua des mouvements saccadés de bas en haut. Ses mouvements excitèrent le clitoris de la femme et lui donnèrent un orgasme. Sans le vouloir, « le maladroit » venait d’inventer le « kunyaza ».

Le Kunyaza sert à faciliter l’orgasme féminin pendant les rapports sexuels. Une méthode qui subsiste jusqu’aujourd’hui au Rwanda, mais aussi au Burundi, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, dans l’Ouest de l’Ouganda et en Tanzanie.

L’art du « kunyaza » serait si efficace que la plupart des femmes pourraient avoir de multiples orgasmes. Combattu par l’église durant la colonisation, qui la considérait comme une perversité, le Kunyanza a survécu au temps, grâce à la tradition orale.

 

Une technique ancestrale employée.

Le verbe utilisé à propos de l’excitation féminine, kunyaàra, signifie usuellement « uriner ». Ramener à la sexualité, il signifie littéralement « produire d’abondantes sécrétions vaginales pendant le coït ». Ce fait était indirectement considéré comme signe de fertilité et la garantie d’un mariage heureux.

Les anciens rwandais pratiquaient aussi le kuretesha. Avant ses noces, on enseignait au jeune marié qu’il devait attendre que les glandes vaginales de sa femme soient excitées et le vagin imbibé avant de lui faire l’amour. Le sexe de la femme ainsi lubrifié, la pénétration pouvait se faire facilement et agréablement. La technique du Kuretesha s’inspire de la vache. Avant de traire sa vache, l’éleveur commençait par caresser le pis (mamelle de la vache) et les trayons pour exciter les glandes mammaires. Celles-ci se gonflaient, la sécrétion du lait devenait visible, alors seulement le producteur pouvait commencer à traire la vache. Subtilement, on apprenait ainsi au jeune homme l’importance des préliminaires. Ils font partie intégrante des rapports sexuels. La sexualité ne saurait être complète sans eux.

Le kunyaza peut être utile aux hommes souffrant de problèmes d’érection, selon Dr Nsekuye bizimana, auteur de « les secret de l’amour à l’africaine ». Ils peuvent stimuler le sexe de leur partenaire et la conduire à l’orgasme. Et, à force de tapoter, le pénis de l’homme peut même durcir et permettre une pénétration.

Selon Gaspard Musabyimana, auteur de « Pratiques et Rites Sexuels au Rwanda »  l’alliance du kunyaza (technique masculine), et du gukuna (technique féminine de préparation du corps), permet au couple d’« arriver à destination », l’orgasme. Pour la femme on parlera de « kuraanziga » et pour l’homme, l’on dira « gusohora ».

Le kunyaza va de paire avec le gukuna et le mwali, mais ça nous en parlerons une autre fois.

Bonus : Mais comment ça se passe ? 

La méthode est basée sur une stimulation intense du sexe de la femme. Lire la suite si vous avez plus de 18 ans.

 Viviane YOBOUE

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