Sénégal : « Hope » veut redonner de l’espoir aux demandeurs de sang

Publié le 17/09/2018 à 12:27

Au Sénégal, une application web et mobile a été conçue dans le but pallier les difficultés liées au manque récurrent de sang dans les banques de sang et les hôpitaux. « Hope », c’est son nom, est l’œuvre de deux jeunes ingénieurs en télécommunication originaires du Cameroun pour l’une et du Cap-Vert pour l’autre. L’initiative a permis de fidéliser des donneurs et les chiffres sont prometteurs.

A l’extrême gauche, Jean Luc Francisco Semedo et à l’extrême droite, Évelyne Inès Ntonga avec les responsables sanitaires de la ville de Thiès

Accroître le nombre de don(neur)s de sang à travers un téléphone et, partant, contribuer à sauver plus de vies. C’est l’objectif visé par Évelyne Inès Ntonga et Jean Luc Francisco Semedo. Décidés à remplir les banques de sang en utilisant l’écran d’un smartphone et même d’un simple téléphone.

« Tout a commencé en 2015. À cette époque, le centre national de transfusion sanguine faisait face à une grave situation de pénurie », nous confie Évelyne Inès Ntonga, co-fondatrice de Hope.  Cette situation de pénurie les a conduits, elle et son compère, à mener une enquête auprès des personnes ressources. Il en est ressorti que « les moyens de sensibilisation (au don de sang Ndlr) n’étaient pas efficaces ». D’où l’idée de développer « Hope », nouvel espoir pour les malades qui ont besoin de sang.

Grâce à cette application, « si une banque de sang a besoin spécifiquement d’un groupe sanguin, grâce à la plateforme, elle peut en un clic trouver les donneurs ciblés et géolocalisés pour les inviter à venir donner le sang. », explique Évelyne Inès Ntonga. Au-delà de la gestion de l’urgence, Hope a permet de fidéliser les donneurs de sang à travers l’envoi de sms de remerciements. D’autres messages sont aussi envoyés pour rappeler aux donneurs la date à laquelle ils devront faire à nouveau un don.

Des phases pilotes aux résultats impressionnants

Hope est lancée officiellement en 2016, avec une phase pilote qui s’est étalée sur sept mois au niveau du centre national de transfusion sanguine de Dakar. « Durant cette phase pilote, on a réussi à tripler les dons de sang effectués. C’est environ 3 500 dons qui ont été collectés durant cette période et on a eu à toucher 30 000 personnes à travers nos différentes plateformes », nous confie Inès Evelyne Ntonga.

Actuellement une deuxième phase pilote est en cours à l’hôpital régional de Thiès, ville située à environ 70km de Dakar. Et selon le Dr Ndieme Touré, responsable de la banque de sang de Thiès, entre mars et août 2018, « on est à 3200 dons, pourtant notre objectif était d’avoir 5000 dons l’année ». Elle affirme que le chiffre de 3200 dons était plutôt attendu vers octobre 2018, sans l’application Hope.

Évelyne Inès Ntonga et le Dr Ndieme Touré lors de la signature du partenariat entre Hope et la banque de sang de Thiès

Pas de revenus mais de grandes ambitions

L’objectif premier des concepteurs de Hope est de parvenir à faire du don de sang un acte citoyen et une habitude pour tous. Pour eux, l’application n’est pas à but lucratuf. Toutefois, elle leur a permis d’être lauréats de plusieurs concours nationaux et internationaux. C’est d’ailleurs ce qui leur a permis de mener les différentes phases pilotes de façon gratuite. Mais, les deux ingénieurs sont conscients que le projet doit être viable sur le long terme. Ils souhaitent ainsi pouvoir vendre l’outil aux différentes banques de sang du Sénégal moyennant une redevance mensuelle ou trimestrielle.

Cheick Omar

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