Procès des disparus du Novotel : le commando « possédait une liste »

Publié le 24/03/2017 à 19:17

Le procès des disparus du Novotel s’est poursuivi ce jeudi 23 mars à Abidjan avec l’audition de plusieurs témoins. L’un d’entre eux a affirmé que le commando était arrivé au Novotel avec une liste de personnes recherchées.

crédit photo : AFP

Selon N’Guessan Assi, « Des gens armés sont entrés, ils nous ont dit qu’ils cherchaient des snipers ». M. Assi, était assistant en chef à la réception du Novotel ce 4 avril 2011. Il précise que les membres du commando avaient brandi une liste de quatre à cinq personnes recherchées. Le témoin ne se rappelle pas l’identité des personnes visées. Cependant, il a assuré que le nom d’Yves Lambelin ne figurait pas sur cette liste.

« Ils sont sortis avec les quatre par la grande porte »

« Je leur ai donné la liste des clients de l’hôtel et je leur ai dit que les personnes sur leur liste n’étaient pas logées au Novotel. Mais ils ( le commando, NDLR) ont demandé à voir le directeur, ils nous menaçaient. […] On a pris l’ascenseur pour aller au septième étage, où le directeur était logé. Ils ont fouillé sa chambre », a témoigné N’Guessan Assi.

Ce dernier a ensuite raconté la fouille de la chambre d’Yves Lambelin, regroupé avec ses deux collaborateurs au même étage que Stéphane Frantz Di Rippel. Selon M. Assi, les membres du commando ont également emporté l’ordinateur portable de l’ancien directeur de la Sifca, Yves Lambelin.

« Ensuite, on est descendus et on a vraiment eu peur. On (le personnel de l’hôtel, NDLR) s’est couché par terre à leur demande et ils sont sortis avec les quatre par la grande porte. On est resté dans le hall de l’hôtel, choqués », a poursuivi le témoin. Il a ensuite été interrogé par les avocats de la défense et des parties civiles sur la liste brandie par le commando.

Les accusés nient toujours

« Pouvez-vous supposer que les ravisseurs, n’ayant pas trouvé les personnes recherchées, ont opportunément emmené d’autres personnes ? », lui a demandé Me Charles Konan, avocat des ayants droit d’Yves Lambelin. « Peut-être, c’est possible », a répondu N’Guessan Assi, avant de laisser place à d’autres témoins.

Les dépositions des témoins se sont poursuivies pour tenter de reconstituer le déroulé de la journée du 4 avril 2011. Comme lors des auditions précédentes, les principaux accusés ont nié les charges portées contre eux. « Je n’ai jamais donné d’ordre », a affirmé une fois de plus le colonel Léopold Mody, mis en cause aux côtés de neuf autres prévenus. Quant à la patrouille de son ancien garde de camp aux abords du Novotel ce jour là, l’ex général Dogbo Blé a martelé « ne pas s’en souvenir »..

Le 4 avril 2011, au plus fort de la crise post-électorale, un commando avait fait irruption au Novotel d’Abidjan, enlevant quatre expatriés : Stéphane Frantz Di Rippel, alors directeur de l’hôtel, Yves Lambelin, directeur général du géant ivoirien Sifca et ses collaborateurs béninois Raoul Adeossi et malaisien Chelliah Pandian. Selon l’enquête, les quatre hommes ont été emmenés au palais présidentiel, où ils ont été torturés puis tués. Leurs corps auraient ensuite été jetés dans la lagune Ebrié. Six ans après, seuls les restes d’Yves Lambelin, ont été retrouvés et identifiés.

Source: Jeune Afrique

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