Mali : Non à une révision constitutionnelle

Publié le 12/06/2017 à 15:17

“An TÈ-A Bana” traduit en français par ‘’Non c’est fini’’ est la plateforme de lutte contre la révision constitutionnelle au Mali. Elle a été mise en place le dimanche 11 juin à Bamako. Le mouvement est constitué de partis politiques de l’opposition mais également certains députés de la majorité parlementaire, une trentaine d’associations et organisations de la société civile et des artistes.

crédit photo : Maliactu

La nouvelle constitution qui fait débat sera soumise à un referendum le 9 juillet 2017. Les organisateurs de ladite plateforme comptent utiliser tous ‘’les moyens légaux’’ à leur disposition pour que le ‘’NON’’ l’emporte à l’issue des votes : recours en justice, manifestations, campagne d’information…

Pour certains il ne faut pas attendre le référendum car il y a violation de l’alinéa 3 de l’article 118 de l’ancienne constitution datant du 25 février 1992 compte tenu de la situation sécuritaire du pays. Celle-ci stipule que : « aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsquil est porté atteinte à lintégrité du territoire »

C’est l’avis d’Alhousseini Abba Maïga, vice-président du parti Forces alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) : « Difficile de faire confiance à un régime qui propose un projet de ce genre-là dans un contexte aussi difficile. »

Les nouveaux textes portent notamment sur la création du Sénat, la création de la cour des comptes, la participation de la diaspora à l’élection législative, et bien d’autres.

Cependant la durée du mandat présidentiel ne subira pas de modifications. L’opposition craint plutôt un ‘’renforcement’’ du pouvoir du président de la république. En effet celui-ci aura la charge de nommer le président de la cour constitutionnel devant qui il devra prêter serment. Il désignera également un tiers des sénateurs. La suppression de la Haute cour de justice en tant qu’institution compétente pour juger le président de la république ou ses ministres en cas de crimes ou délits dans l’exercice de leur fonction est aussi prévue.

Coulibaly Sadjo

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