Le kidnapping : un business rentable au Nigéria

Publié le 20/06/2017 à 11:29

Le 10 juin 2017, la police de Lagos appréhendait Chukwudubem Onwuamadike, alias Evans, après une interminable fusillade dans l’une de ses villas. Considéré comme le « roi du kidnapping », le gangster s’est, en quelques années, bâti une fortune considérable en rançonnant les riches familles de ses victimes. Avec près de deux enlèvements par jour depuis l’an dernier, le kidnapping est un fléau pour les résidents du Nigeria. Et une véritable industrie pour les criminels.

crédit photo : the guardian nigeria

L’arrestation est symbolique mais elle illustre bien la guerre que livrent les autorités nigérianes aux enlèvements. Au nombre des victimes d’Evans, l’on compte Paul Cole, directeur de Ocean Glory Commodities et son directeur général, Jude Ugoje, en 2012 ou James Uduji, le président de Cometstar Cable, en 2015. Les rançons exigées n’ont cessé d’augmenter pour atteindre le million de dollars par victime. La police n’a pas manqué de présenter Chukwudubem Onwuamadike, comme un trophée de sa lutte contre le kidnapping.

Début juin, le quotidien local Daily Trust affichait à sa une, des chiffres impressionnants. L’on dénombrait 630 enlèvements entre mai 2016 et mai 2017 à travers le territoire, dont 200 depuis janvier. Ce décompte est très largement sous-évalué selon Nnamdi Obasi, spécialiste du Nigeria pour International Crisis Group. « De nombreux enlèvements ne sont pas répertoriés car les familles ne font pas confiance à la police et préfèrent traiter directement avec les kidnappeurs. Beaucoup ont lieu dans des zones rurales reculées, du nord de la région centrale au delta du Niger, et les médias en parlent très peu. » Indique Nnamdi Obasi

Selon Mr Sanusi, «  les ravisseurs ne font que remplir des prisons déjà surpeuplées de détenus en attente de jugement. L’une des réponses à apporter, c’est avant tout la réforme du système judiciaire et la lutte contre le chômage des jeunes ».

Largement utilisée à partir des années 60 dans le delta du Niger, à des fins politiques, le kidnapping s’est généralisé à travers le pays sous un aspect purement vénal. Le phénomène est tel que les autorités ont du mal à le contenir.

Viviane YOBOUE avec Jeune Afrique

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