L’AFD présente les résultats d’une étude sur les classes moyennes ivoiriennes

Publié le 15/12/2017 à 18:43

39% et 25% de la classe moyenne sont des travailleurs et des agriculteurs informels. C’est ce qui ressort d’une étude portant sur « le réveil des classes moyennes ivoiriennes » et menée par Jean Philippe Berrou, chercheur au sein du laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM) et Anne Bekelynck, docteur en sociologie.

Image d’illustration. Crédit : aip.ci

Cette étude a fait l’objet d’un atelier de restitution initié par l’Agence française pour le développement (AFD) et le Ministère ivoirien du Plan et du développement. Il s’est tenu le jeudi 14 décembre 2017, à l’École nationale de statistiques et économie appliquées (ENSEA) de l’Université Félix Houphouët-Boigny.

Hugues Kouadio, Directeur de l’ENSEA, dans son mot de bienvenue a situé le double conteste de ces réflexions. Selon lui, cette étude s’inscrit dans le cadre « d’un mémorandum signé entre l’AFD et l’Etat de Côte d’Ivoire dont l’objectif principal est de développer un programme de recherche devant contribuer à l’analyse des potentialités et vulnérabilités du model de croissance ivoirien et les leviers de la transformation structurelle de l’économie ivoirienne ».

À sa suite, Mihoub Mezouaghi, Directeur adjoint de la direction de l’innovation et de la recherche à l’AFD, après avoir remercié l’assistance a expliqué la démarche de sa structure. « L’AFD essaye de créer des dispositifs qui puisse faire que la recherche puisse être d’avantage un outil d’aide à la décision, qu’elle puisse contribuer à la formulation, à l’accompagnement et l’évaluation des politique publiques ».

La série d’allocutions a été bouclée par Yéo Nahoua, Directeur de Cabinet représentant Niaba kalé la Ministre du Plan et du développement. Ce dernier a souligné l’importance de ce travail. « Traitant de la problématique des classes moyennes, cette étude est capitale pour comprendre et anticiper l’évolution du model de croissance ivoirienne », a-t-il indiqué.

Un exposé des chercheurs et une table ronde sur le développement des classes moyennes et les implications en termes de politiques publiques ont suivi les allocutions.

Une classe moyenne hétérogène

Selon les exposants, la classe moyenne ivoirienne se caractérise par son hétérogénéité. Dans ladite classe, 17% appartiennent au milieu des dirigeants et cadres du secteur public, 4% à la classe intermédiaire formelle, 39% au secteur des travailleurs informel, 25% à celui des agriculteurs informels, et 15% aux retraités et inactifs.

Ces chiffres ont été obtenus à partir de l’analyse de la distribution des revenus des ménages ivoiriens en 2015. Une classe intermédiaire de revenu est isolée sur la base d’un intervalle mixte combinant une borne inférieure absolue, fixée à 4 dollars par jour et par être, et une borne supérieure relative, fixée au 95e percentile de la distribution. Vu sous cet angle, la classe moyenne monétaire ivoirienne représenterait finalement une « masse relativement litée de 26% de la population ».

Contrairement aux idées reçues, seulement 16% de la classe moyenne ivoirienne est abidjanaise. Le reste des 60% que représente la classe moyenne ivoirienne se retrouve dans les vielles de l’intérieur du pays. Cette catégorie (classe moyenne ou intermédiaire) qu’on pourrait ne qualifier de ni riche ni pauvre, consacre en moyenne les montants les plus importants aux transferts de revenus. On parle de 20% de leur revenu. Et 48,1% de cette classe dite moyenne est constituée par des chefs de ménage sans éducation.

Selon certains auteurs, d’ici 2030, près de 80% de la classe moyenne globale est susceptible de vivre en dehors des pays riches et principalement dans les pays émergents.

Guy de Bagnon

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