Inondation à Libreville : les populations en colère après le gouvernement

Publié le 19/02/2017 à 21:24

La capitale gabonaise est le théâtre d’inondations depuis quelques mois. En cause, l’absence des bassins versants dans des quartiers sous intégrés dits “Mapanes”, ainsi que certaines zones dites résidentielles. Et pour les riverains des PK5, 6, 7, des quartiers Plein Ciel et Batavea (situés en plein cœur de Libreville) et ceux de la commune d’Akanda (Avorobam,  Agondje), c’est un véritable cauchemar. Pour eux, les coupables de cette catastrophe sont les autorités gabonaises. Constat.  

Des habitations complètement inondées. Des familles qui dorment à la belle étoile. De nombreux dégâts matériels. Les riverains de Libreville vivent les pieds dans l’eau depuis les pluies du mois d’octobre 2016 et les plus récentes, celle de la nuit du 17 février 2017.

Dans les 3ème et 6ème arrondissements de la capitale gabonaise, la colère a atteint son paroxysme. « Nous perdons du matériel électro-ménager sans que nous ne soyons assurés ni assistés par les autorités compétentes. De nombreuses maisons sont inondées jusqu’à la toiture. Plusieurs familles ont dormi à la belle étoile, d’autres habitations vont s’ébouler. Les enfants, des vielles personnes sont troublés et apeurés. Que fait le gouvernement gabonais ? », se demande dame Mboumba du quartier Plein-Ciel.

Et pour dénoncer l’inaction des autorités, les populations de certains quartiers ont décidé de réagir en posant des barricades sur la voie publique. Mais la réponse des autorités ne s’est pas faite attendre. Des éléments des Forces de police d’intervention (FOPI) ont dispersés les manifestations à coups de matraques et de gaz lacrymogène.

« Nous avons eu droit à une répression policière. Plutôt que de nous envoyer une assistance », raconte cet enseignant du quartier Bellevue. « Les autorités gabonaises nous prennent pour des animaux. Comment comprendre qu’une revendication citoyenne qui dénonce une non-assistance de la part du gouvernement gabonais et des autorités municipales, soit réprimée ? », s’indigne un jeune étudiant. Il habite le quartier Belle Peinture.

Un sinistre marronnier

Les inondations de 2017 ne sont pas un fait nouveau. Chaque année, quand surviennent les premières pluies, les riverains des quartiers des Pk, de Batavea, Avea, Plein Ciel se retrouvent plongés dans un gouffre suite aux inondations. Pourtant, des fonds ont été dégagés afin de prévenir ces catastrophes. « Un programme d’aménagement des bassins versants (qui date de mars 2014, ndlr) avait été financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Fond Africain de l’Eau (FAE). Avec pour but d’apporter une réponse concrète aux problèmes d’irrigation et d’évacuation des eaux usées causés par la rapide expansion démographique et géographique de la ville, ainsi qu’aux cas de dégradations relevés dans certains quartiers lors de fortes pluies », explique un universitaire rencontré au quartier Bellevue. « Qu’ont-ils fait de ces milliards décaissés ? », s’interroge-t-il.

« Le gouvernement gabonais et Ali Bongo sont les premiers responsables de cette catastrophe que nous vivons. C’est sur le dos des deniers publics gabonais que les hommes politiques construisent leur paradis doré. Ils vivent dans l’opulence au détriment de notre souffrance », accuse le professeur d’université.

Albert Okulu, correspondant à Libreville.

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