Elisée Akowendo, un baoulé à la conquête d’Israël

Publié le 16/03/2017 à 16:25

Elisée Samuel Akowendo est issue d’une famille chrétienne, un milieu dans lequel il fait ses premiers pas en musique. Il s’envole pour Israël sur un projet musical qui lui permet la réalisation de sa passion. Batteur chevronné, il crée un groupe sur sa nouvelle terre d’adoption : les Groove Ambassador, le meilleur en Israël, qui fait la promotion de la culture Africaine. Entretien exclusif d’un batteur qui a troqué ses baguettes pour le micro pour conquérir la “Terre sainte”. 

Qui est Elisée Akowendo ?

Elysée Akowendo : Je suis un Ivoirien né le 5 septembre 1980 à Treichville en Côte d’ivoire. J’ai grandi à Bingerville. Diplômé de l’INPHB, Ingénieur en marketing et commerce international, je suis marié. Jai grandi avec le désir de voyager partout dans le monde et donner des concerts. Mes premiers pas dans la musique ont débutés lors dune colonie de vacance organisée par un groupe religieux appelé « la ligue pour la lecture de la bible en 1995 ». Il fallait trouver un batteur pour le groupe de la jeunesse pendant cette colonie. J’ai donc pris les baguettes et depuis, ma vie a changé. Aujourd’hui je suis musicien à plein temps et mon rêve est devenu réalité.

Comment t’es-tu retrouvé en Israël ?

Elysée Akowendo : Lors d’un pèlerinage organisé par mon église en 2006. Un ami musicien et moi avons été sollicités par un pasteur juif chrétien vivant à Jérusalem pour accompagner le groupe musical durant ses campagnes. Notre collaboration a duré environ 12 mois en terre israélienne. Voila comment je me suis retrouvé là.

Comment d’ingénieur marketing à l’Institut Polytechnique de Yamoussoukro tu vires à la musique ?

Elysée Akowendo : Après mes études en marketing, j’ai monté un business qui marchait bien. La musique étant une passion, j’ai dû faire un choix lorsque l’opportunité de m’envoler pour Israël, faire de la musique s’est présentée. Je me suis dit j’arrête tout pour vivre de ma passion. J’ai tout de suite compris que mon rêve commençait à se dessiner.

…Et tu as créé Groove Ambassador ?

Elysée Akowendo : L’idée m’est venue en 2009. Entouré de potes musiciens nigérians, congolais, burundais, brésiliens et israéliens, je me suis dit pourquoi ne pas créer un groupe qui fera découvrir le style Afrobeat avec toutes ses sonorités et couleurs tirées du Soukouss (rythme de l’Afrique central), de rythmiques traditionnels venant l’Afrique profonde. En gros, j’ai voulu faire connaître à la scène israélienne, les richesses de mon pays en particulier et de l’Afrique en général. Aujourd’hui, le Groove Ambassadors est le meilleur groupe en Israël qui fait la promotion de la culture africaine.

Parle nous de ton nouveau single « I dey Shina ».

Elysée Akowendo : “I DEY SHINA” C’est un mélange de rap et de musique urbaine actuelle. Je dirais simplement que c’est de l’Afropop avec une petite touche de jungle music. Lorsque l’on met du sérieux dans ce qu’on fait, le résultat apparaît inévitablement tôt ou tard. Il y a un beau monde à mes concerts ici en Israël et dans mes déplacements à travers le monde. L’un des plus grands producteurs israélien bien connu dans le monde entier m’a un peu “espionné” (rire) pendant un moment. Il a ensuite envoyé ses émissaires filmer mes concerts et différentes sorties. Il m’a contacté et m’a proposé de faire partie de son écurie en signant un nouveau single pour son label, APE RECORDS. Je précise que dans tout Israël, APE records n’a signé qu’avec seulement six artistes dont je fais partie.

“I DEY SHINA” est chanté en quelles langues ? Et quel est le message que tu véhicules ?

Elysée Akowendo : il est chanté en “broken english” et en Baoulé (langue originaire du centre de la Côte d’Ivoire) ma langue maternelle. Dans ” I DEY SHINA”, je dis merci à Dieu d’avoir amené son esprit pour veiller sur moi et pour tout. Rien n’est impossible dans la vie seulement il ne faut jamais baisser les bras et il faut toujours garder la foi.

Tes projets après cette sortie ? Parle-nous un peu de ton agenda des jours à venir.

Elysée Akowendo : Je suis toujours en studio avec APE RECORDS. Nous avons déjà commencé à travailler sur le prochain morceau. Je continue mes concerts avec mon groupe le Groove Ambassadors et je joue aussi avec d’autres groupes comme batteur. Je produis également des artistes ici en Israël. Bientôt j’offre un autre single à mes mélomanes, un projet musical dans lequel j’ai collaboré avec deux très grands artistes de renommée internationale. Ils viennent pour la plupart du Kenya et de l’Afrique de l’est.

Envisages-tu venir en Côte d’Ivoire pour la promotion de ce single ?

Elysée Akowendo : Une fois par an, je visite la famille au pays. Jouer en Côte d’Ivoire est un rêve que je nourris depuis toujours. D’ailleurs, les musiciens israéliens sont passionnés par la culture ivoirienne. J’espère rencontrer un jour un producteur de spectacle ou la personne qu’il faut pour transformer ce rêve en réalité.

Elysée, batteur au départ, aujourd’hui chanteur.

Je n’ai jamais imaginé prendre le micro un jour. Cependant j’ai toujours sû que j’ai une bonne oreille musicale. Dans l’église, nous avons été bien éduqués musicalement par nos aînés. A la maison, chaque jour depuis mon jeune âge, ma mère nous entraînait de temps en temps dans ses moments de louange et d’adoration. Quand j’ai commencé à jouer avec mon groupe, je faisais les voix d’accompagnement. Un jour le chantre lead a décidé de rentrer chez lui au Nigéria. J’ai donc travaillé ma voix à l’aide de tutoriels Youtube. J’ai même formé un batteur israélien au rythme africain pour Groove Ambassadors. Cela me permet d’être au devant de la scène maintenant.

La famille, la musique, Dieu, c’est quoi le plus important pour toi ?

Elysée Akowendo : Dieu d’abord. Très important. Tout ce qui m’arrive c’est la grâce de Dieu et sa main sur ma vie.

Entretien effectué par Jacques Kouao

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