Côte d’Ivoire | Mutinerie : des ex-FDS dénoncent une injustice

Publié le 17/01/2017 à 19:09

Yamoussoukro, Daloa, Bouaké, Dimbokro, Man… ont connu une journée mouvementée ce mardi 17 janvier 2017. Les armes des forces de l’ordre ont encore crépité dans ces villes. Le gouvernement ivoirien avait pourtant répondu favorablement à leur récente revendication. Payant même la première tranche des 12 millions réclamée ce lundi 16 janvier. Pourquoi alors ce nouveau mouvement d’humeur ? Africa Daily News a rencontré  un officier au sein de l’armée pour en savoir plus. Interview exclusive.

Photo utilisée à titre d’illustration

Africa Daily News (ADN) : Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe actuellement ?

MN* : Il s’agit de gendarmes et d’anciens FDS qui ont décidé de manifester leur mécontentement. En fait, l’accord  de Ouaga avait prévu que tous les ex-FDS et les ex-Forces Nouvelles touchent une certaine somme à la fin de la crise. Mais, nous avons constaté que ce sont les ex-FN qui ont reçu la somme de 5 millions FCFA.

Les FDS n’ont rien dit à l’époque. Et voilà qu’aujourd’hui encore, on va octroyer  12 millions FCFA aux uns et léser les autres. Nous croyions qu’il n’y avait qu’une seule armée. Mais nous constatons qu’il y a, en réalité, deux groupes au sein de celle-ci. C’est donc pour dire non à cette injustice que des gendarmes ont tiré à Yamoussoukro, Bouaké, Dimbokro, Man…

ADN : Que s’est-il passé à Bouaké ? Car nous avons appris que la gendarmerie avait été encerclée par des mutins…

MN : À Bouaké, les gendarmes sont restés dans leur caserne pour manifester. Et des mutins sont allés tirer en direction du camp de gendarmerie. Les gendarmes ont alors pris des mesures pour assurer leur défense.

ADN : On a appris que la situation était également tendue à Yamoussoukro…

MN : À Yakro, les FDS et les gendarmes étaient en train de manifester et des mutins sont venus pour s’y opposer. C’est ce qui a tendu la situation. Aussi, nous avons appris qu’un gendarme a été abattu par les éléments de la Garde Républicaine de Yamoussoukro. Mais, l’information est en attente de confirmation.

En dehors de Yamoussoukro et Bouaké, plusieurs villes de l’intérieur ont vécu une journée mouvementée ce mardi. Ce sont entre autres Dimbokro, Bongouanou, Bouaflé et Toumodi. En fin d’après-midi, ce mardi, on observait une accalmie générale dans le pays. Le bilan de ces manifestations fait état de deux morts (deux militaires) à Yamoussoukro et plusieurs blessés par balles évacués au CHR de la ville.

Interview réalisée par Philomène Tourey

* Les initiales ont été changées. La source souhaitant garder l’anonymat

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