Côte d’Ivoire : Grève illimitée à la société pétrolière PETROCI

Publié le 06/07/2017 à 17:47

Jeudi 6 juillet 2017. Cela fait une semaine que les employés de la société nationale d’opérations pétrolières (PETROCI) ont entamé une « grève illimitée ». Ils dénoncent « une mauvaise gestion de l’entreprise. » et réclament « un plan social en cas de licenciement ».

A l’appel du SYNTEPCI  (Syndicat national des travailleurs des entreprises pétrolières de Côte d’Ivoire) une partie des salariés a arrêté le travail depuis  le jeudi 29 juin et est entré en grève illimitée.

Le personnel dénonce « les folies dépensières  de leurs dirigeants, en l’occurrence de leur Directeur Général, Ibrahima Diaby. Des dépenses incongrues, des voyages en Jet privé et des contrats farfelus   », selon  Ange-Didier Koutouan, leur porte parole.

Le  projet de privatisation partielle de l’entreprise annoncé par le gouvernement inquiète également les salariés de la holding pétrolière. Le 29 juin dernier, la direction de la Petroci, avait révélé lors d’un point de presse, «  la cession de la gestion des activités “stations-services” à Puma Energy. Ainsi que la création d’une société d’exploitation (des stations –services, ndlr) dont la Petroci détiendra 20% des parts ».

Le directeur général Ibrahim Diaby, au micro de RFI, assure qu’aucun licenciement n’est prévu après la privatisation des stations-service.  « C’est un procès d’intention. Cela concerne une soixantaine de personnes. Le partenaire privé qui sera l’opérateur a choisi de [ne] retenir que ceux qui travaillent à 80 ou à 100%. Mais les autres, les 40 ou 50 autres, le gouvernement, le conseil et l’administration ont été constants : il y a du travail pour eux » indique M. Diaby.

A worker inspect facilities on an upstream oil drilling platform at the Total oil platform at Amenem, 35 kilometers away from Port Harcourt in the Niger Delta. Amenem is the hub of Total oil production with two oil well producing over 100,000 barrels of crude daily. AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Des propos qui ne rassurent pas les grévistes. « Le licenciement de janvier 2016 ne nous avait pas été annoncé, donc on ne va pas rester assis et constater un licenciement pour se réveiller après», déclare pour sa part, Ange Didier Koutouan. Le porte-parole des salariés estime que  le personnel a perdu confiance en sa hiérarchie.

« Si nous ne pouvons pas aller contre une décision du gouvernement de filialiser ou de privatiser des secteurs. Alors qu’on nous mette en place un plan social pour que nous puissions partir dans un certain nombre de conditions. Et ceux qui peuvent négocier, ceux qui sont proches de la retraite, [puissent] négocier des départs… », poursuit M. Koutouan.

Petroci, entreprise publique, gère l’exploration, la production et la distribution de gaz et du pétrole ivoirienElle connait des difficultés financières depuis plusieurs années.  Pour palier à cette situation, Le gouvernement ivoirien a pris plusieurs mesures dont la cession de l’activité d’emplissage et de distribution de gaz GPL (butane) et  celle des stations-services.

Après  un déficit d’environ 40 milliards de francs CFA en 2015, la direction annonce un retour à l’équilibre budgétaire pour l’exercice 2016.

Viviane Yoboué

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