Côte d’Ivoire/ Conseil national des jeunes : “Il n’y aura aucune rétribution”, Sidi Touré

Publié le 10/02/2017 à 14:08

C’est ce samedi 11 février 2017 à Abidjan, que se tiendra le congrès constitutif du “Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire”. Annoncé depuis plusieurs années, cet organe suscite des questions, parfois même des polémiques. Mais pour le ministère ivoirien, de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service Civique, il s’agit “avant tout de rechercher l’intérêt des jeunes de Côte d’Ivoire”. Et pourtant, des interrogations subsistent. A quoi sert le CNJCI ? comment sera t-il financé ? Quelles libertés auront les membres de ce conseil ? … Interview à bâton rompu avec Sidi Tiémoko Touré, le ministre ivoirien en charge de la jeunesse. 

Sidi Tiémoko Touré, ministre ivoirien en charge de la jeunesse

Le Congrès du conseil National des jeunes de Côte d’Ivoire se tiendra le samedi 11 février 2017. A quoi va servir cet organe ?

Effectivement le congrès constitutif du Conseil National des Jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI) se tient le samedi 11 février 2017.

Le CNJCI est un organe consultatif créé auprès du Ministère chargé de la Jeunesse. Il a vocation à être la faîtière des organisations de jeunes. A ce titre, elle aura pour missions, entre autres, de mettre en synergie les organisations, fédérations et ONG de jeunesse afin d’accroître la créativité des jeunes et d’optimiser leur potentiel d’action et de participation au développement ; d’assurer la représentation de la jeunesse ivoirienne auprès des pouvoirs publics et dans les organisations internationales de jeunesse.

Le 12 avril 2016, lors d’une consultation avec les jeunes à la Caistab, vous annonciez la mise en place de ce Conseil « au plus tard octobre 2016 ». Vous avez donc un retard de 4 mois. A quoi cela est-il dû ?

Un retard de 04 mois, oui. Mais « mieux vaut tard que jamais » dit-on. En fait, il a fallu tirer les enseignements des interruptions successives du processus pour mieux amorcer la mise en place du CNJCI. Ce temps a permis de lever les obstacles et les incompréhensions et de créer une synergie d’actions et d’intérêts autour de cet organe consultatif. Nous y sommes parvenus. Les jeunes de Côte d’Ivoire vont en congrès constitutif.

Le CNJCI a-t-il une autonomie ou est-ce une « branche exécutive » de votre ministère ?

crédit photo : Abidjan.net

Je l’affirme tout net, le CNJCI jouit d’une autonomie. En effet, sa mise en place s’inscrit dans la vision d’autonomisation des jeunes qui favorise l’implication des jeunes dans les processus de prise de décisions les concernant.

Le CNJCI va porter la voix de toutes les organisations sans exclusive. Il fera montre de responsabilité dans l’adressage des préoccupations des organisations de jeunes, toutes tendances confondues. En clair personne ne pourra manipuler le CNJCI.

L’organe s’appelait Conseil national de la jeunesse. Aujourd’hui il y a un changement de nom. Qu’est ce qui change avec cette nouvelle appellation à part le sigle ?

L’appellation ancienne prêtait souvent à confusion. En effet, elle ne mettait pas en relief de façon évidente la cible : les jeunes. En Côte d’Ivoire l’on est jeune entre 16 et 35 ans. En marquant Conseil National des Jeunes, l’organe est entièrement et exclusivement dédié aux jeunes de Côte d’Ivoire.

Les jeunes de ce Conseil sont-ils des bénévoles ou sont-ils rémunérés ? S’ils sont bénévoles, comment comptez-vous les motiver ?

Les fonctions de membres des organes du CNJCI sont entièrement gratuites. En clair, personne ne reçoit de rétribution. Bien sûr, en cas de mission des frais leur seront payés.

Qui finance le fonctionnement de ce Conseil ?

En tant qu’organe consultatif auprès du Ministère chargé de la Jeunesse, l’Etat de Côte d’Ivoire allouera une subvention au CNJCI.

Je vous lis la réaction de Adama Ouattara, un jeune internaute :

ce conseil national de la jeunesse est de trop, même inutile sinon dangereux. Des jeunes font de la vie associative politique leur “travail”. Il existe des structures et des services publics et privés chargés de gérer les questions socio-professionnelles relatives à la Jeunesse. Vous gagneriez à aider ces organes à devenir plus performants. Etablissez une meilleure collaboration entre ces organes publics et privés ; la jeunesse en tirera réellement profit. Sinon, le “conseil national de la jeunesse” est un monstre qui ne servira qu’à “dépenser” et justifier des dépenses publiques. Que lui répondez-vous ?

Je respecte son opinion. Mais Monsieur Adama OUATTARA doit comprendre que l’Etat met tout en œuvre pour satisfaire les préoccupations dont il parle.

Il peut se rassurer, les jeunes de Côte d’Ivoire, responsables, accomplis au triple plan civique moral et professionnel tireront le meilleur profit du CNJCI. Au regard de l’engouement suscité chez les jeunes sur l’ensemble du territoire, le CNJCI est un outil attendu depuis par l’ensemble des organisations et des partenaires au développement. Je l’invite à mettre son potentiel au service des jeunes de Côte d’Ivoire.

Interview réalisée par Philomène Tourey.

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