Bouaké : le film de l’affrontement entre mutins et gardes pénitentiaires

Publié le 20/01/2017 à 11:58

Le mercredi 18 Janvier 2017, des échanges de tirs ont eu lieu entre des militaires et des gardes pénitentiaires de la prison civile de Bouaké. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à cet affrontement ? Notre envoyée spéciale s’est rendue sur les lieux 24 heures après les évènements. 

C’est autour de 10 heures que les premiers coups de feu se font entendre. Les ex-combattants intégrés au personnel pénitentiaire tirent en l’air pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis des primes versées à leurs anciens frères d’armes de l’ex-rébellion. Les détonations occasionnent un vent de panique dans la ville.

Les commerces et les banques ferment. Des banques dans lesquelles les « mutins millionnaires » devraient se faire payer. Colère donc dans le camp de ces mutins. Le gouvernement vient, en effet, d’approvisionner le compte à hauteur de 5 millions de francs CFA. Et ces évènements les empêchent de toucher leur butin.

Ils se rendent alors à de la prison civile pour exprimer leur colère. Les discussions houleuses se transforment en altercations violentes. Un coup de feu part. Les gardes pénitentiaires se réfugient derrière leurs murs. « Nous n’avons que 6 armes. Nous nous sommes défendus en tirant en direction des militaires, jusqu’à ce que nous n’ayons plus de munitions », raconte un gardien de la prison. Les échanges de tirs vont durer presqu’une heure. Avant que les chefs des deux corps fassent cesser les tirs.

« Il n’y a eu aucune évasion. Les 418 détenus sont toujours en prison. Par contre, quelques blessés ont été enregistrés du côté des gardes pénitentiaires », révèle un officier de la prison.

Les deux syndicats des agents pénitentiaires de Côte d’Ivoire rencontrent le ministre de la justice, ce vendredi 20 Janvier 2017 à Abidjan. Ils demandent une amélioration de leurs conditions de vie et réclament aussi le paiement des reliquats de 63.000 francs CFA, des « primes de contagion* »

Sadjo Coulibaly, envoyée spéciale

(*) : les “primes de contagions” sont des indemnités prévues pour les gardiens de prison en raison de leur proximité avec des détenus tuberculeux. 

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