Ariane Nsilulu, consacrée au gospel francophone

Publié le 23/06/2017 à 12:28

Ariane Nsilulu est Originaire de la République Démocratique du Congo. Depuis l’âge de 6 ans, Ariane Nsilulu baigne dans la musique gospel. Sans complexe, elle vit sa foi religieuse et sa passion pour la musique travers ce genre musical qu’elle a hérité de ses parents, étant fille de pasteur.

Avec la sortie de son single «  Something about the Name Jesus » une reprise de l’artiste afro-américain Kirk Franklin en version reggae, la jeune congolaise se positionne désormais comme le nouveau visage du gospel Francophone.

Qui est Ariane Nsilulu?

Je suis une artiste gospel française, originaire de la République Démocratique du Congo. Je suis la deuxième d’une fratrie de cinq filles. Mon père est pasteur et ma mère soignante, ce sont eux qui m’ont montré le “chemin”, et je leur en suis reconnaissante. Je suis aussi une épouse et une maman comblée.

Tu chantes déjà depuis l’âge de 7 ans ? Raconte-nous

Je dirais même que j’ai commencé à chanter à l’âge de 6 ans pour être plus précise. A l’époque la chorale s’appelait « ACEAP » (Association Chrétienne des Etudiants Africains Protestants), devenue aujourd’hui la Kumbaya Gospel Choir. J’étais la plus petite du pupitre alto et d’aussi loin que je me souvienne, même si je n’aimais pas aller répéter le vendredi après l’école, je m’amusais beaucoup et j’aimais chanter. Comme quoi, les parents sont parfois des visionnaires.

Peux-tu nous résumer brièvement ton parcours musical ?

J’ai fait mes débuts à la Kumbaya Gospel Choir et plusieurs artistes du Black & White Gospel Singer m’ont pris sous leurs ailes, dont Mr Emmanuel Djob qui n’est plus à présenter ou encore Anderson Moubitang qui m’a recruté à l’âge de 15 ans dans le quatuor féminin Blackness. J’ai intégré plus tard Swing of Gospel dirigé par Martin Koums, l’une des figures emblématiques du gospel de Montpellier, notre belle ville.

En 2004, mon ami Karl Loyson et moi-même avons monté la formation Shine Gospel à laquelle je suis très attachée car elle marque un peu le début de mes projets personnels. Il y a aussi Kimia Gospel, la chorale de mon église que je dirige depuis plusieurs années, sans oublier le merveilleux groupe lyonnais Sweet Witness que j’ai intégré tout récemment en 2016.

Pourquoi avoir choisi le Gospel pour exprimer ton talent ? C’est quoi le gospel pour toi ?

Le gospel, pour moi, c’est l’un des plus beaux moyens dont Dieu se sert pour toucher les cœurs. C’est une musique qui me touche, qui me transporte, qui m’amène à me surpasser et à me découvrir continuellement. Il y a tellement de possibilités, tellement de choses à faire pour mettre Dieu à l’honneur, et j’ai choisi d’exprimer ma foi au travers de cette musique. C’est vrai que traditionnellement le gospel se chante en anglais, même si aujourd’hui on voit de plus en plus de diversité; mais j’ai vu des personnes profondément touchées lors de représentations alors qu’elles ne comprenaient pas un mot de ce qu’on chantait. C’est ça la puissance de Dieu! Il habite chaque mot, chaque mélodie et témoignage qui lui rendent gloire, et je vous assure que ça fait du bien, même aux plus réfractaires. En fait, c’est une musique qui soigne, qui fait du bien à l’âme, au corps, à l’esprit.

Y’a t-il une différence entre artiste Gospel et un artiste “normal” ?

La seule différence entre un artiste gospel et un artiste du milieu séculier réside dans le message qui est véhiculé. “Gospel” veut dire Evangile. Quand tu choisis de chanter du gospel, tu choisis de porter haut ce message puissant rempli de grâce et d’amour, c’est en tout cas ce que je veux continuer à faire.

Ariane vit-elle exclusivement de la musique ?

Pas pour le moment. Je suis également agent de voyage d’affaires. Je me laisse conduire par Dieu pour la suite.

Quelle est l’actualité d’Ariane Nsilulu en ce moment?

Actuellement, je me concentre principalement sur le projet Roots Gospel sur lequel nous travaillons activement avec Artikal Band. C’est un projet inédit qui nous demande beaucoup de temps mais qui nous passionne. Il y a de belles choses en préparation.

Vous pouvez aussi me retrouver en concert avec Sweet Witness, et le groupe Kimia Gospel  avec lequel nous animons les cultes du dimanche à l’église. Je suis également invitée à participer à divers projets musicaux, je vous donne rendez-vous sur ma page Facebook pour suivre mon actualité.

Pourrais-tu nous faire connaître l’histoire qui se cache derrière la reprise Something about Jésus de Kirk Franklin. Pourquoi en version reggae ?

Pour tout vous dire, c’est mon manager qui a eu cette brillante idée. Il travaille régulièrement avec des artistes reggae et des artistes gospel, c’est comme ça que le projet de faire fusionner les deux genres est né. ‘Something about the Name Jesus’ est une merveilleuse composition de l’artiste afro-américain Kirk Franklin. La mélodie et les paroles nous touchent tellement qu’il n’y a pas eu de doute, c’était avec ce morceau qu’il fallait débuter le projet.

Y’a-t-il une différence entre le gospel francophone et le gospel américain ?

Le Gospel pour les américains n’est pas uniquement un style de musique, il s’inscrit vraiment dans leur histoire car il est intimement lié à l’esclavage et aux souffrances vécues par le peuple afro-américain. Mais il est vrai qu’aujourd’hui cette musique a beaucoup évolué, et dans l’absolu il reste peu de différences entre gospel américain et francophone même s’il est vrai que cet héritage qu’ont reçu les américains leur donne une force particulière. Sinon, je crois que nous portons le même message, celui d’un Dieu Sauveur qui nous aime par-dessus tout.

Puis il est vrai qu’il est beaucoup plus difficile de se faire une place dans le milieu gospel francophone où tout est un peu concentré dans le microcosme parisien. Pour peu que vous soyez en province, les interactions ne jouent pas en notre faveur, on reste d’ailleurs peu représenté dans les médias francophones. Aux Etats-Unis la question ne se pose pas, il y a une réelle cohésion entre les artistes, ils sont comme une grande famille.

Le Chant, la danse, l’écriture de scenarii ou d’une chanson, camper un rôle dans une comédie musicale, qu’est ce qui prédomine chez Ariane ?

Ce qui prédomine c’est le chant avant tout même si j’aimerais beaucoup travailler un peu plus dans les autres domaines, mais je ne me presse pas, il y a un temps pour tout.

Pouvons-nous rêver d’une tournée Africaine avec la sortie de ce single ?

Avant de parler de tournée, nous allons nous concentrer sur l’album que nous préparons. J’espère de tout cœur pouvoir venir le présenter en Afrique un jour, ce serait l’accomplissement d’un rêve. Je remets tout entre les mains de Dieu, je suis certaine qu’Il nous amènera toujours au bon endroit au bon moment, je lui fais confiance.

Entretien réalisé par Jacques Kouao

 

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