Alphabétisation et lecture en Afrique : des chiffres édifiants

Publié le 23/01/2018 à 11:30

L’Association pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA) et l’Alliance Mondiale pour le livre en partenariat avec l’USAID ont porté leur choix sur la capitale Ivoirienne pour leur traditionnel atelier régional de l’industrie du livre en Afrique. Du 22 au 25 janvier 2018, « le livre » réunit ses acteurs de 20 pays africains dont 10 anglophones et 10 francophones.

C’est ce lundi 22 janvier 2017 que s’est ouvert l’atelier régional de l’industrie du livre en Afrique au siège de la Banque Africaine de Développement. To départ pour 4 jours de réflexions sur le livre, particulièrement le livre en langues locales. Durant ces 4 jours, écrivains, éditeurs, imprimeurs, libraires, lecteurs et tous les acteurs de l’industrie du livre vont discuter sur l’avenir du livre en Afrique.

La cérémonie d’ouverture a été meublée par plusieurs interventions entre autres, Shem Bodo et Aliou Sow respectivement Secrétaire Exécutif de l’ADEA et du groupe de travail de l’ADEA et Monsieur Silué Patrice Directeur de la pédagogie du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle de Côte d’Ivoire.

Selon Shem Bodo « 87 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire en Afrique subsaharienne n’ont pas atteint le niveau de compétence minimal dans la lecture. Le taux d’alphabétisation des adultes est en dessous de 60 % dans les pays à bas revenus », a-t-il révélé. « Plus de 1 sur 4 des jeunes en Afrique subsaharienne et en pays à bas revenus ne peut pas lire, bien que le nombre de jeunes sans compétences d’alphabétisation soit tombé de 27 % globalement à l’échelle mondiale depuis 2000 », a précisé le Secrétaire Exécutif de l’ADEA .

Selon un rapport de l’Association pour le Développement de l’Education en Afrique, en Afrique subsaharienne, 69 % d’adultes avec cinq ans d’éducation dans les systèmes qui ont délibérément embrassé des langues locales pourraient lire une phrase contre 41 % d’adultes instruits en partie ou complètement dans des langues coloniales. Le rapport indique plus loin que le fossé entre les langues locales et la langue d’enseignement (qui est pour la plupart la langue coloniale) joue un rôle particulièrement important dans le développement lent d’alphabétisation.

Aliou SOW a souligné que cet « atelier vise à créer une synergie entre les parties prenantes pour qu’ils commencent à œuvrer à un objectif commun ». « Avec pour objectif (entre autre, ndlr) d’offrir un forum pour l’échange d’idées sur la manière d’améliorer l’édition de livres localement produits et la disponibilité de livres pour enfants appropriés et pertinents en Afrique », a précisé le du Secrétaire Exécutif groupe de travail de l’ADEA.

Silué Patrice, représentant la ministre de l’éducation nationale, a rappelé que le livre est « un outil crucial dans l’apprentissage et l’éducation de l’enfant ». « Tous les acteurs du livre et de l’éducation doivent travailler main dans la main pour faciliter l’accès du livre à l’enfant », a-t-il souhaité citant Victor Hugo : « La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. »

Sandrine Kouadjo.

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