Afrique : 1 000 victimes de médicaments mal étiquetés, selon un étude

Publié le 19/01/2017 à 12:13

En août 2015, plus de 1 000 cas d’intoxications médicamenteuses ont été diagnostiqués chez des patients en République démocratique du Congo et en Ouganda. Cet incident serait lié à la prise de médicaments mal étiquetés révèle Médecins sans frontières (MSF) dans le Lancet Global Health.

Photo à titre d’illustration

En avril 2015, plus d’un millier de patients ont été hospitalisés pour une intoxication médicamenteuse au diazépam, en République démocratique du Congo et en Ouganda. Connue pour ses effets sédatifs, cette benzodiazépine est utilisée dans la prise en charge des troubles du sommeil, de l’anxiété, des maux de tête. Mais aussi du paludisme, du tétanos, des sevrages alcooliques et du délirium tremens.

Dans le journal The Lancet Global Health, l’association MSF revient sur l’origine de cet incident. Les faits remontent à la fin de l’année 2014. Date à laquelle les patients ont été hospitalisés dans les centres de santé du district d’Ituri*, pour des symptômes anormaux tels que des raideurs dans la nuque et des contractions musculaires involontaires (dystonies).

Un mélange de diazépam et d’halopéridol

« Au départ, le personnel médical avait suspecté une épidémie de méningite, mais des tests approfondis semblaient plus indiquer l’ingestion d’une substance toxique », révèle MSF. En fait, au lieu de bénéficier de la molécule pure de diazépam, les patients ont reçu un cocktail comprenant aussi de l’halopéridol. Employé dans le traitement de la schizophrénie, cet antipsychotique provoque des contractions musculaires involontaires aigues, « du visage, des yeux de la langue, de la nuque et des bras ». Des effets secondaires « rarement dangereux, mais source d’inquiétude, de panique et de honte pour les patients », décrit le Dr Nicolas Peyraud de MSF.

La falsification à l’étude

Dans la foulée, MSF a prévenu le ministère en charge de la santé de la RDC ainsi que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ces autorités ont par la suite « diffusé une alerte identifiant les produits suspects. (…) Une enquête est en cours pour déterminer comment ces médicaments mal étiquetés sont arrivés sur le marché ». Un travail de longue haleine qui pourrait potentiellement révéler une « falsification volontaire », et la « circulation de médicaments de mauvaise qualité ». Ces incidents ne sont pas des phénomènes isolés, notamment sur le continent africain. Mais rares sont les cas où des données quantitatives et qualitatives précises font surface, tant il est complexe de répertorier des effets secondaires anormaux parmi la multitude de molécules thérapeutiques employée.

Insufflées « par la corruption, la porosité des frontières et des sanctions peu dissuasives, ces falsifications remettent en question tous les progrès effectués dans le domaine de la pharmacologie et de la santé publique », souligne le Dr Peyraud. « Les acteurs mondiaux de la santé publique doivent veiller à ce que tous les patients, en particulier les plus vulnérables, se voient prescrire des médicaments appropriés, de bonne qualité et soient en mesure de se les procurer »

*près de la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda

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