Bouaké : des morts et des blessés dans des affrontements entre “démobilisés” et “policiers”

Publié le 23/05/2017 à 20:49

Mardi 23 mai, dans la matinée, une opération de police a été menée pour dégager le corridor sud de Bouaké fermé la veille par des ex combattants démobilisés. Le bilan provisoire est de trois morts et une dizaine de blessés dans les rangs des démobilisés.

crédit photo : le monde

La police ivoirienne a dispersé mardi, vers 07h30 Gmt, une cinquantaine d’ex-combattants qui bloquaient depuis lundi le corridor sud de Bouaké (Centre). Selon l’Afp, trois corps ensanglantés ont été amenés au Centre hospitalier universitaire de Bouaké, dans la matinée, peu après l’assaut des forces de police. Un journaliste d’APA fait état d’une dizaine de blessés dont deux admis au bloc opératoire et deux autres admis aux urgences du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Bouaké.

« C’est grave ce qui est arrivé. Nous avons trois morts dans nos rangs » a affirmé à l’AFP Amadou Ouattara, porte-parole adjoint des démobilisés. «  Je ne sais que dire. Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse tirer sur des personnes aux mains nues qui manifestaient », a-t-il déploré. Selon M. Ouattara, la police a donné l’assaut en  « lançant des gaz lacrymo, puis une grenade qui a tué deux démobilisés, et ils ont tiré tuant un autre. C’est scandaleux ! Nous n’étions pas armés, nous voulions juste nous faire entendre » dénonce le porte parole adjoint.

Mardi après midi, le ministère de l’Intérieur dans un communiqué a affirmé que « Les forces de sécurité ont déployé les moyens conventionnels, (…) certains des manifestants armés ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein, causant les trois décès». « Le bilan à cette heure est de trois personnes décédées suite à l’éclat des fragments de grenade, quatorze blessés dont quatre cas graves », selon le ministère de l’intérieur. « Du côté des forces de l’ordre, trois éléments de la Gendarmerie et deux éléments de police ont été blessés par des projectiles », précise le texte du communiqué signé du ministre Hamed Bakayoko.

La veille, lundi 22 mai, les démobilisés avaient inhumé, dans une ambiance surchauffée l’un des leurs Issouf Diawara. Ce dernier avait été tué lors de la mutinerie de la semaine dernière par des soldats. Selon ces mutins, les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes. Les démobilisés avaient appelé à une journée d’action pour ses funérailles. Ainsi l’entrée sud de Bouaké et l’entrée nord de la ville de Korhogo (nord) avaient été bloquées dans la journée. Une cinquantaine d’entre eux avaient vainement tenté de bloquer l’entrée nord d’Abidjan.

Les démobilisés sont d’anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée, contrairement aux mutins. Leur nombre est estimé à environ 6.000 (pour ce mouvement qui réclame des primes) à travers le pays. Ils réclament des primes similaires aux mutins qui ont paralysé le pays la semaine dernière et souhaitent rencontrer le Président de la République.

Viviane YOBOUE

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